Dégradation du climat social à DBF, mesures entrevues pour la relance du chemin de fer, le Ministre Abdou Ndéné Sall se confie

Samedi 11 Novembre 2017 posté il y a 9 jours

« Les deux Etats se sont acquittés intégralement de leurs engagements sans pour autant que l’on observe une amélioration significative du niveau de services et des performances de Dakar-Bamako-Ferroviaire (DBF) ». Ces propos ont été tenus par Abdou Ndéné Sall Ministre Délégué chargé du Développement du Réseau Ferroviaire, répondant à une interpellation sur la dégradation du climat social à DBF. En effet les cheminots ont commencé à dérouler un plan d’actions, qui a été juste suspendu pour la période du Magal, pour réclamer la mise en œuvre réelle de la relance du chemin de fer. Il s’y ajoute que, selon le Ministre Abdou Ndéné Sall, au-delà du respect de leurs engagements, les Etats ont continué à prendre en charge la totalité des salaires au-delà de la période initialement prévue. « C’est pour cette raison que la grève des 18 et 19 octobre dernier et les plans d'actions successifs  restent incompréhensibles » se désole-t-il. Il poursuit « ce mouvement d’humeur des travailleurs est peut-être la traduction d’inquiétudes sur l’avenir, mais il est légitime de s’interroger sur le défaut d’anticipation et de pro-activité du management, qui n’a pas su planifier correctement l’approvisionnement en pièces de rechanges ni ajuster le train de vie de l’entreprise au profil des ressources disponibles ». De l’avis du Ministre, les 7,5 milliards de l’Etat ont été entièrement consommés par la boîte sans que la capacité opérationnelle ne soit restaurée et pourtant les pouvoirs publics continuent de mettre la main à la poche pour l’accompagner. C’est ainsi que l’Etat verse tous les mois et ce depuis juillet 2017, une enveloppe de 180 millions de Fcfa pour assurer le paiement des salaires des agents sénégalais de l’entreprise. Et au-delà de cette enveloppe dit-il, DBF dispose d’autres ressources financières. Il s’agit de 60 millions de Fcfa perçus mensuellement de la société SEFICS qui transportent les produits des Industries Chimiques du Sénégal (ICS), sans compte les revenus issus de la location du domaine foncier et les autres produits accessoires. Il ajoute « au total DBF dispose tous les mois et sans activité, au moins de la somme de 240 millions Fcfa, qui devrait suffire pour financer la masse salariale des travailleurs sénégalais évaluée 192 millions de Fcfa. Cette Evaluation est faite sans circulation d'un seul train sur l'axe Dakar-Bamako, un train rapportant sur cet axe pas moins de 32 millions de francs CFA de chiffre d’affaires ». A l’en croire, l’objectif du plan d’urgence était de permettre une fiabilisation opérationnelle des transports, apte à réaliser un équilibre financier de l’exploitation à long terme sur la base duquel la réforme institutionnelle pourrait être mise en œuvre. « Malgré le climat social délétère et les tentatives maladroites de faire porter les responsabilités de la situation actuelle aux pouvoirs publics, le Gouvernement du Sénégal reste déterminé à soutenir l’activité sur le corridor ferroviaire », souligne Abdou Ndéné Sall Ministre Délégué chargé du Développement du Réseau Ferroviaire. Il déclare par ailleurs que sur la gestion de la crise sociale, la disponibilité du Ministère reste entière pour un dialogue inclusif avec l’ensemble des partenaires sociaux ainsi que l’Administration de DBF

 

« LES DIFFERENTS CONCESSIONNAIRES N’ONT JAMAIS RESPECTE LEURS ENGAGEMENTS »

 

 

Faisant la genèse de cette page sombre du chemin de fer au Sénégal, Abdou Ndéné Sall déclare que c’est le 1e mars 2003 que la mesure de mise en concession du Chemin de fer a été effective est entrée en vigueur, à la suite d’un appel d’offres international qui avait abouti à la sélection d'entreprises canadien Canac. Mais force est de constater selon Abdou Ndéné Sall que les différents concessionnaires qui se sont succédé à la tête de l’entreprise ferroviaire n’ont jamais respecté leurs engagements, allant dans le sens de consentir des investissements conséquents sur le matériel et les infrastructures. Et une telle situation a conduite à la dégradation continue de la capacité opérationnelle et financière de Transrail. C’est ainsi que « l’entreprise a été admise en règlement préventif, depuis 2010, et s’est retrouvée en état de faillite » note Abdou Ndéné Sall. Il souligne d’ailleurs que le Privé Transrail ne s’est pas empêché à adresser une correspondance aux deux États pour annoncer son incapacité à prendre en charge les salaires à partir de fin Novembre 2015. « Pour maintenir l'activité Ferroviaire et sauver les 1500 emplois, les deux Etats du Mali et du Sénégal ont décidé de mettre fin à la concession de Transrail à compter du 7 mars 2016 » renseigne-t-il. C’est ainsi qu’un organe de tradition binational dénommé Dakar-Bamako-Ferroviaire (DBF) est mis en place et dirigé par un Administrateur Sénégalais. Le processus de redressement ferroviaire enclenché par des deux Etats est marqué par la mise en place un plan d’urgence de 7,5 milliards de F CFA sur le matériel roulant, les infrastructures et la sécurisation de 6 mois de salaire. Selon le Ministre, l’objectif était de «permettre une fiabilisation opérationnelle des transports pour un équilibre financier de l’exploitation pouvant prendre en charge toutes les dépenses surtout les salaires à long terme ». Mais dit-il, « l'exploitation déficitaire n'a pas pu assurer la prise en charges des dépenses salariales. Donc les États ont beaucoup soutenu l'entreprise pour maintenir l'activité Ferroviaire tout en poursuivant les négociations avec les partenaires pour une relance de la société ».

« LE CLIMAT SOCIAL SE DEGRADE AU MOMENT OÛ DES SOLUTIONS SONT ENTREVUES »

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De l’avis du Ministre Délégué en charge du développement du chemin de fer, c’est regrettable que ce mouvement survienne au moment où des solutions sont entrevues pour dépasser le cap de la période très difficile traversée par l’entreprise. En tout état de cause dit-il, Dakar-Bamako-Ferroviaire réaffirme sa disponibilité pour un dialogue ouvert et constructif avec les partenaires sociaux du secteur et renouvelle son engagement à assurer les salaires de tous les travailleurs présents à leur poste de travail. Pour lui, la relance et le devenir du chemin de fer notamment l’axe Dakar-Bamako demeure une haute priorité pour le Président de la République Macky Sall, pour des raisons économiques, stratégiques et environnementales. Il révèle qu’un programme d’urgence d’appui aux infrastructures estimé à 4.2 milliards de Fcfa est inscrit dans l'immédiat pour assurer la sécurité des circulations sur les zones critiques. Il ajoute « le partenariat avec Dangote estimé à plus de 3 ,6 milliards de Fcfa doit permettre la remise à neuf de 2 locomotives à l’étranger et la réhabilitation de 70 wagons qui seront dédiés au transport du ciment et renforceront la capacité de traction de DBF. D’autres partenariats avec le secteur privé demandeur seront recherchés pour impulser la relance de l’activité ferroviaire. A moyen terme de près de 80 milliards de Fcfa  seront nécessaires pour relever de façon durable et significative les capacités opérationnelles sur le tronçon Diamniadio-Kidira, le tronçon Dakar-Diamniadio étant renouvelé dans le cadre du projet Train Express Régional (TER).Un effort équivalent est attendu du côté de nos partenaires du Mali. Une attention particulière a été portée à la ligne ferroviaire Dakar Bamako lors du dernier séminaire gouvernemental France Sénégal. Un groupement d’entreprises françaises de 1er rang, antérieurement constitué, est en phase de préparation d’une offre financière sur la partie sénégalaise ». Il s’y ajoute à l’en croire, d’autres perspectives s’offrent avec les discussions très avancées, qui sont en cours de finalisation avec un consortium turco saoudien et une entreprise turque pour la réhabilitation de l’axe Diamniadio Kidira. Et d’après lui, il est prévu dans le contrat de mobiliser 81,5 milliards de francs Cfa pour la réhabilitation à minima de la voie métrique et 6,5 milliards pour l’achat de 5 locomotives ». En définitive soutient le Ministre Délégué Abdou Ndéné Sall, « le tableau des perspectives n’est donc pas sombre, diverses options restent à disposition pour le financement de la réhabilitation. Il est de notre responsabilité de prendre notre part de l’effort, en interne, dès le prochain budget, pour arrêter le processus de dégradation de l’outil et donner un signal positif aux populations et aux investisseurs. Un suivi plus rapproché de la gestion de DBF sera requis ».

Mbaye SAMB (l'AS)

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